Il n’y a rien de bien surprenant dans tout ça. Pas de surprise non plus au soutien apporté par Thérésa May à l’intervention américaine. Un État souverain est aussi un État qui défend ses intérêts nationaux. Avant ou après Trump, avant ou après le Brexit, les anglo-saxons resteront conformes à ce qu’ils sont. Qui pouvait sincèrement croire que les Américains laisseraient les Russes se partager seuls le gâteau au Moyen-Orient maintenant que Daesh est sur le point d’être définitivement vaincu ? Ils veulent aussi leur part. Trump n’est ni le diable, ni le sauveur du monde, il est simplement un chef d’État souverain.

Rien de surprenant. Les Américains sont isolationnistes jusqu’à ce qu’ils voient les Russes menacer de piétiner leurs plates-bandes. Les Américains ne sont pas intervenus en Europe durant la Seconde Guerre mondiale pour nous sauver, mais pour empêcher les Russes de s’emparer de tout le continent après leur victoire sur Hitler. Et les Américains n’interviennent pas maintenant pour sauver le peuple syrien, mais pour empêcher les Russes d’être les seuls maîtres de cette région pétrolifère après leur victoire sur Daesh. Trump l’a d’ailleurs dit dans sa déclaration : il intervient pour défendre la « sécurité » (c’est-à-dire en réalité les intérêts nationaux) de son pays. Trump ne s’est jamais caché, il l’a toujours dit : America first !

Trump l’avait clamé durant sa campagne : pour lui, l’OTAN est une structure obsolète, ce qui signifie qu’il ne voulait plus avoir à prendre en charge la défense de ses vassaux ni demander l’avis de ces derniers pour prendre ses décisions. Qu’importe si cette attaque américaine d’une base syrienne ressemble plutôt à une vaste opération de communication visant à affirmer l’indépendance des USA vis-à-vis des décisions de l’ONU, à mettre en garde les russes, ou à faire taire des critiques internes, qu’à un réel revirement : les USA prouvent ici qu’ils s’ont besoin de personne pour décider. Il n’y a qu’en France que nous avons des dirigeants qui agissent contre nos intérêts et ne peuvent s’empêcher de demander l’aval de Merkel et de l’UE pour bouger le petit doigt.

Ce qui est dramatiquement savoureux, c’est que la cohorte de détracteurs, qui a craché sur Trump depuis des mois, commencer maintenant à lui adresser des louanges. Hollande, qui se range derrière Trump, mais lui demande timidement de revenir dans le cadre de l’ONU, n’a pas compris qu’il reste ridiculement inaudible. Trump est à la tête d’une des premières puissances mondiales, il agit conformément à ce qu’il pense être l’intérêt de son pays et ne va certainement pas s’embarrasser de l’avis d’un minable comme Hollande. Que Trump choisisse d’intervenir ou pas, il le fait de son propre chef, pas pour faire plaisir à monsieur Hollande ou à la « communauté internationale ». Les politiques français ont oublié depuis trop longtemps ce qu’était la vraie politique et le rapport de force réel.

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