L’objectif du présent texte est de présenter une brève critique du sionisme. Nous n’emprunterons pas le sentier pris par certains : l’écueil menant à l’antijudaïsme ou à la simple critique de la politique d’Israël. L’emprunt de ces voies n’apporte pas plus de fond à l’analyse et cache souvent une absence d’arguments réels. Notre entreprise est ici de démontrer les limites évidentes du sionisme politique fondateur et d’observer que de nouvelles formes de sionisme l’ont suppléé.

Il ne fait aucun doute que les juifs, à travers les âges, dispersés parmi les nations, ont toujours gardé un attachement profond à Eretz Israël. L’espoir d’un retour vers cette Terre promise par Dieu aux enfants d’Israël, constitue un fondement de la tradition juive.  Ce pacte scellé, et révélé dans la Torah est aussi une des justifications que les sionistes de notre temps avancent pour établir un plan cadastral en Palestine, pourtant l’histoire du sionisme politique est moins prophétique.

La création du sionisme politique – Les mouvements de pensée sionistes commencent à germer dans les années 1860 dans certains milieux religieux comme laïcs. Le terme de sionisme est employé pour la première fois par Nathan Birnbaum (1864-1937), penseur et écrivain viennois, qui plaidera rapidement pour un rapprochement des juifs à la Terre d’Israël.

Mais le sionisme politique s’est matérialisé par l’action de son plus éminent fondateur de Théodore Herzl (1860-1904), un bourgeois juif d’origine hongroise. Celui-ci va cristalliser et uniformiser un mouvement diffus et disparate, alors que, pourtant, celui-ci ne sera sensibilisé que tardivement au sionisme. Il fonda à cette fin le Congrès sioniste qui rassembla les acteurs de la création d’Israël et composé de deux organes distincts : l’Organisation Sioniste Mondiale et l’agence juive.

Selon Herzl, les juifs, malgré leurs efforts d’intégration dans leurs nations d’accueil, ne seraient jamais acceptés comme des citoyens à part entière par les populations locales. L’affaire Dreyfus en était pour lui une preuve évidente. Face à ce constat d’impuissance, celui-ci et d’autres soutenaient la création d’un Etat pour les juifs, seule échappatoire à leurs conditions misérables. Un Etat pour les juifs les aurait fait sortir de leur situation d’apatrides et de minorités afin de les rendre légitimes aux yeux du monde. Le sionisme d’Herzl s’est donc avant tout fondé sur le principe de la création d’un Etat juif plus qu’un retour des juifs en Palestine, même si ce dernier objectif fut clairement affiché dès l’instauration du programme de Bâle d’août 1897, lors du premier congrès sioniste. D’ailleurs, la Palestine ne fut pas le seul choix étudié par les sionistes et leurs partenaires anglais : l’Argentine ou l’Ouganda furent l’objet d’une expertise d’implantation. Les premiers élans du sionisme furent donc avant tout le désir d’autodétermination du peuple juif.

Sous l’impulsion de Chaïm Weizman, futur premier président d’Israël, le 8eme Congrès sioniste se réunira à La Haye (Pays Bas), du 14 au 21 août 1907, soit 3 ans après la mort d’Herzl. Il y sera entériné le projet de poursuivre les colonisations juives en Palestine, déjà amorcées sous l’impérialisme ottoman, afin de créer un Etat juif. Le sionisme politique deviendra indissociable de l’implantation active en Terre d’Israël, même si les outils techniques de cette entreprise ne seront alors que purement fictifs, les ottomans peu enclins à laisser une quelconque autonomie aux colonies de peuplement.

Les britanniques dans leur espoir d’un gain d’influence au Proche-Orient promettront la Palestine aux organisations sionistes, mais feront miroiter en parallèle un tel cadeau aux arabes palestiniens afin d’attiser le nationalisme arabe face à l’occupant ottoman. La déclaration de Balfour de 1917, véritable lettre d’intention anglaise adressée au baron de Rothschild, grand partisans du sionisme, plaidera en faveur de l’instauration d’un foyer national juif en Palestine, sans pour autant évoquer la création d’un Etat souverain.

Pour les populations juives, le sionisme n’était en rien la seule vision politique qui s’est développée au début du 20ème siècle. Le discours sioniste restait largement minoritaire et s’opposait frontalement à d’autres mouvements mieux implantés. Chaque groupe juif d’Europe avait ses particularités et ses dynamiques propres. Les Ashkénazes d’Europe orientale, fidèles à un judaïsme traditionnel, connaissaient le sort le plus précaire, et restaient méfiants à l’égard de ces mouvements sionistes. Les juifs de l’Ouest et notamment de France, prônaient pour leur part l’assimilation, récit de leur propre réussite par l’intégration. Citons encore la fameuse Union Bundiste (Union générale des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie), laïque et socialiste, qui fut une grande opposante au sionisme considéré comme une « réaction bourgeoise » à l’antisémitisme. Celle-ci trouvait un grand retentissement auprès des artisans et des ouvriers juifs en Europe de l’est. Pourtant, la Shoah balaiera les pensées rivales du sionisme et sera l’événement qui le légitimera aux yeux des juifs.

Critique du concept – L’idéologie sioniste, idéaliste sans conteste, est indiscutablement limitée dans ses fondements conceptuels. Nous en dressons ici les paradoxes :

D’un point de vue conceptuel, cette solution souffrait dès l’origine des mêmes tares que l’idéologie nazie ou les théories du complot judéo-bolchévique ou judéo-maçonnique, qui attribuaient la corruption du monde aux états « enjuivés ». Ni le sionisme, ni l’hitlérisme, ni les thèses dites « complotistes »  n’ont attribué le terme « juif » aux seuls pratiquants du judaïsme, ce qui en fait une notion floue.  Ils ont chacun établi la race ou le peuple juif selon une définition propre, y intégrant sans distinctions des populations hétéroclites par leur culture, leur langue, et leur pratique du judaïsme. Par exemple, le IIIe Reich précisera la notion de « juif », comme une personne ayant plus de deux ascendants directs juifs ; le demi-juif étant lui considéré comme un mischling, et apte – dans des conditions variables – à entrer dans l’armée allemande (Bryan M. Rigg, La Tragédie des soldats juifs d’Hitler, 2003, Editions de Fallois).

Dans ce cadre, le juif est donc une fiction, l’état abstrait d’une personne, et est finalement due à sa généalogie et cela indifféremment de sa religiosité, ses particularités et surtout sa conscience d’appartenir à un peuple (il y’avait certes des groupes solidaires juifs dans chaque pays, sur le  même modèle qu’une diaspora). Pour ce qui est du sionisme, nous partions donc d’une conception idéologique abstraite afin d’en développer une application matérielle.

Il a donc fallu trouver un dénominateur commun afin de rassembler une nation juive, mais non pas par le judaïsme seulement, qui d’ailleurs en aurait été un obstacle dès l’origine. La thèse de l’existence d’un « peuple juif » comme groupement d’hommes ayant une origine, une religion et une histoire commune fut érigé sur les vestiges de l’Ancien Testament afin de parachever la nation. L’histoire commune de ce peuple devenait par là même, indissociable de la Terre d’Israël. Schlomo Sand, historien israélien, a critiqué fermement cette théorie dans un ouvrage controversé, intitulé Comment le peuple juif fut inventé (2008). Il dénie aux juifs l’appartenance à un véritable peuple avec une origine propre, le seul point commun entre les juifs n’étant que leur conversion au judaïsme à travers les âges (comment peut-on assimiler, sans quelques réserves, un ashkénaze issus de Khazars à un juif yéménite ou à un falacha d’Éthiopie ?).

Il fallait donc créer un Peuple juif afin de l’affubler ensuite d’une conscience nationale juive.

La définition du juif devra concilier par ailleurs les origines laïques du sionisme et le judaïsme en Israël. Elle ne sera fixée que par la loi du retour modifiée de 1970 : « Pour les besoin de la présente loi, est considéré comme juif, celui qui est né de mère juive ou qui s’est converti au judaïsme et n’appartient pas à une autre religion » (on note qu’un juif par la seule mère était au contraire un mischling pour les nazis…). Rien n’indique d’ailleurs les critères de judéité de la mère. Cette définition conciliatrice ne prend d’ailleurs pas en compte la reconnaissance individuelle d’une personne quant à son appartenance à la nation juive d’Israël, ce qui limite sa pertinence. Pourtant cette appartenance relève plus d’une intentionnalité, d’une conscience nationale juive. Le congrès sioniste avait d’ailleurs la prétention de rassembler une nation au sein d’une communauté politique avant même d’avoir un territoire étatique, comme en témoigne le programme de Bâle (1897) qui avait pour objectif « le renforcement du sentiment juif, et de la conscience juive« .

Mais comment l’état juif a-t-il pu s’établir alors que la conscience nationale juive n’était guère une évidence ? Au delà des encouragements des gouvernements occidentaux à l’émigration juive, on peut soutenir que la tragédie de la Shoah fera prendre conscience aux juifs que leur sort ne peut se déterminer que par un retour en Eretz Israël. Ces événements vont incidemment créer la nation juive, désireuse de se rassembler dans un état propre : le sionisme politique deviendra le projet légitime. Aussi étonnement que cela puisse paraitre, Hitler sera malgré lui l’artisan majeur de la création d’Israël.

Observations – Dans le cadre de l’établissement des juifs en Palestine, les sionistes n’ont traité qu’avec le pouvoir central ottoman (développement des colonies juives), puis les anglais (certains groupuscules ont ensuite combattus les anglais par la force), sans tenir compte des aspirations des populations locales, majoritairement arabes. Cette absence de considérations est sans contestes l’un des facteurs de l’impulsion et du dynamisme d’un nationalisme arabe dans la région, en opposition au sionisme. Les méthodes peu consensuelles employées par les bâtisseurs d’Israël expliquent aujourd’hui les contestations arabes et musulmanes au Moyen-Orient, au delà du seul litige relatif aux frontières de ces pays.

Une fois le bastion d’Israël édifié en 1948, chaque communauté juive a pourtant gardé ses attaches (bien que la quasi-totalité des juifs d’Irak, d’Iran et du Yémen ait migré dès la création de l’Etat afin de fuir leur condition peu enviable dans ces pays). Aussi, nous noterons, qu’aujourd’hui (comme autrefois), la diaspora est plus nombreuse que les juifs israéliens établis en Palestine. Certains mouvements de pensée, dit « diasporistes », soutenaient d’ailleurs que la dispersion était l’essence même du peuple juif et que la création d’Israël mettait fin à cette vie d’exil. L’Etat d’Israël, « foyer national juif », n’est donc pas devenu la terre d’accueil naturelle des juifs dans les faits. Ce postulat discrédite vigoureusement les thèses des premiers fondateurs sionistes. Sans refuser le sionisme dans son principe, une majorité de juifs ont préféré conserver le modèle de l’intégration, notamment parmi les nations d’Occident (lire à ce propos l’étude de Pew Research Center « A portrait of jewish americans », 2013).

Courte incise sur la question de l’antisionisme – Il ne s’agit pas là d’un phénomène nouveau, loin de là. De toute inspiration et toute tendance, l’antisionisme n’est en rien une spécificité du nationalisme arabe, du croissant chiite ou de la communauté Haredim. Des mouvances chrétiennes catholiques comme protestantes, marxistes, d’extrême droite, panarabes, panislamiques ou encore tiers-mondistes, ont développées des discours antisionistes, certes parfois teintés d’antisémitisme. Cela a eu pour effet de brouiller l’analyse et d’offrir aux promoteurs du sionisme l’argument fallacieux mais cinglant de l’antisémitisme des opposants à leurs thèses. Les antisionistes étant bien sûr « négationnistes ». Un mélange des genres dangereux mais efficace.

Dans un autre registre et contre des détracteurs plus éclairés, les défenseurs du sionisme assimilent l’antisionisme à la négation du droit naturel d’autodétermination du peuple juif. Ceux-ci arguent du fait que beaucoup d’Etats autres qu’Israël, ont pu acquérir leur autonomie de façon tout-à-fait artificielle, au gré des découpages territoriaux postcoloniaux, mais sans que leur soit dénié le droit d’exister.

En réalité, c’est un droit que peu dénient aux juifs. Israël ne s’est formé comme aucun des anciens pays colonisés (sauf peut être le Pakistan qui a été basé sur l’idéologie d’Ali Jinnah visant à créer un pays pour les musulmans de l’ancien empire britannique des Indes). Si les hébreux locaux pouvaient, à juste titre, et tout comme les arabes de Palestine, faire valoir quelques revendications sur la Terre Sainte, cela n’était pas un dû pour tous les migrants venus des quatre coins de la Terre au seul motif qu’ils étaient juifs ou prétendaient l’être. Les antisionistes de notre temps dénient simplement un prétendu « droit absolu et inconditionnel » des juifs internationaux de s’établir en Palestine, qui plus est au détriment des palestiniens arabes expulsés de leurs maisons. Ce n’est donc pas un droit d’autodétermination qui leur est contesté, mais simplement un droit d’occupation sans justice d’une Terre déjà habitée (par les juifs locaux et les arabes).

L’antisionisme se résume aussi et le plus souvent en une opposition virulente à la politique menée par Israël, incontestablement critiquable ; mais cette position ne permet pas pour autant de critiquer efficacement le sionisme politique dans sa conception et sa matérialisation à notre sens. L’arrogance d’Israël révèle pour le moins une évolution du sionisme originel.

Evolution du sionisme – A notre sens, le sionisme d’aujourd’hui, qui est devenu le leitmotiv de la conscience juive, n’a plus la même nature qu’à l’origine. L’effigie de cette idéologie s’est désolidarisée de son socle conceptuel originel, cimentée par les penseurs sionistes. En effet, le sionisme ne devait son existence qu’en l’espérance de la réalisation d’un fait matériel : la création d’un Etat-foyer pour les juifs afin de les garder de l’oppression des groupes dominants affiliés eux à un Etat. Une fois cet objectif réalisé, le sionisme perdait sa raison d’être, car le nouvel Etat juif devait légitimer la nation juive aux yeux du monde afin que cesse cette oppression.

Le sionisme laïc des origines, évoluera  suite à la guerre des 6 jours de 1967 qui permettra à Israël de faire main basse sur Jérusalem. La célèbre mosquée d’Al Aqsa deviendra pour le Monde musulman l’icône de l’usurpation de la Palestine par les sionistes, complices des impérialistes américains. Des mouvements sionistes religieux comme nationalistes esquisseront la création du grand Israël et exacerberont ces discours populistes en pointant du doigt la « menace » des peuples arabo-musulmans. Cette tendance ne désemplira pas dans le contexte d’instrumentalisations religieuses des années 80. L’Amérique de Reagan, l’Iran de Khomeiny et l’Irak de Saddam joueront notamment de ces cartes lors de cette période trouble.

Le sionisme qui a fondé l’Etat d’Israël ne peut donc survivre que dans le cas où les  juifs restent l’icone d’un peuple opprimé. C’est donc sous l’étendard de la Shoah, qui est devenue  une véritable affiche marketing, que les partisans du sionisme moderne tournent la manivelle d’une machine aujourd’hui rouillée. L’erreur de conception manifeste d’Israël, qui a fait monter les contestations arabes et provoqué les interventions syriennes et Egyptiennes a aussi fait perdurer l’image d’un peuple martyr et d’un Moyen-Orient oppresseur. Il est cependant difficile de soutenir aujourd’hui qu’Israël est un état injustement agréssé lorsque celui-ci humilie par la force les armées arabes, commet d’affreuses exactions sur des civils, et asphyxie Gaza…

En France, pays où l’intégration des juifs est une réussite, les lobbies juifs (tels que le CRIF) instrumentalisent quelques actes terroriste commis sur le territoire (touchant toutes catégories de français !), afin de faire croire à un climat d’antisémitisme latent. Nous pensons que cette stratégie de communication n’a d’autre but que de pousser les français juifs à pratiquer leur Aliyah vers Israël (les campagnes de promotions fleurissent), afin de contrer une démographie arabe prolifique, qui pourrait à terme faire perdre le caractère « juif » de cet Etat. Un vol de capital humain que la France ne cherche pas à enrayer avec vigueur…

Le sionisme est donc devenu un mouvement basé sur une volonté de « survie » de l’Etat d’Israël, face à des menaces – supposées – de toute part, que l’on peut nommer « néo-sionisme ». Ce discours pro-droite israélienne en somme, est largement diffusé par le politique français aujourd’hui (sauf une partie de la « vraie » gauche et une partie de l’extrême droite). Les parties populistes européens – FN, UKIP, PVV (à l’exception du JOBBIK hongrois) – se revendiquent largement sionistes et défendent une prétendue alliance judéo-chrétienne face à une menace mondiale : l’Islam. Développer un discours communautaire afin de combattre un autre discours communautaire : nous sommes en plein dans une manigance politique de mauvais goût.

Notons qu’à ce « néo-sionisme », s’oppose un mouvement dit « post-sioniste » développé par des historiens israéliens et considérant qu’Israël est devenu un fait incontournable, dont l’existence n’est plus remise en question, contrairement à la thèse officielle de l’État en danger permanent. Aussi, ils militent pour l’instauration d’une paix durable avec les états voisins et la reconnaissance de l’état palestinien par Israël.

Le « néo-sionisme », arme de contrainte internationale – Aujourd’hui la donne a changé et aucune force militaire du Moyen-Orient ne pourrait intervenir sans essuyer un sérieux revers. Le gouvernement israélien, la plupart des états occidentaux et certaines presses développent l’idée de la « menace » d’un Iran nucléaire, un ennemi utile afin de faire oublier la colonisation juive galopante en terre palestinienne. Le gouvernement israélien s’alimente d’antisémitisme et de la conscience lourde des Etats européens, afin de maintenir une pression constante sur l’Occident et pointer du doigt un croissant chiite toujours plus fort. Mais cette stratégie est également un cache-misère social en Israël : faire planer le risque d’une agression imminente afin de raviver les consciences nationales juives, permet de faire oublier les problèmes sociétaux auprès des « indignés » israéliens.

Les Israéliens qui ne peuvent de toute façon en aucun cas se jeter dans un conflit frontal contre l’ennemi iranien, comptent sur le soutien d’une Amérique éreintée par plus d’une décennie de guerre contre le terrorisme islamiste. Notons de plus que les États-Unis gardent aujourd’hui quelques distances avec les provocations du gouvernement Netanyahu à l’encontre du régime des mollahs, que l’on ne peut en aucun cas sous-estimer.

D’ailleurs, le soutien américain quasi-total aux politiques belliqueuses israéliennes est à notre sens contraire aux intérêts souverains des USA, bien que l’administration d’Obama ait aujourd’hui une stratégie moyen-orientale – très relativement – multipolaire. En principe, nous remarquerons qu’au plan international, un Etat n’élabore une politique que si elle lui apporte, directement ou indirectement des plus-values d’ordre divers (économique, prestige, force), la protection des valeurs démocratiques n’étant souvent qu’un confortable accompagnement légitimiste. Or soutenir Israël au détriment des Etats frontaliers musulmans, sans aucun tempéraments comme le ferait d’autres états, n’apporte pas réellement d’avantages à Washington, mais plutôt une vive hostilité au Moyen-Orient (sauf à soutenir qu’Israël est l’un des « furets » régionaux des USA, tel que le soutenait Robbin Laird).

La politique d’Israël, qui est devenu un «néo-sionisme » aux relents de messianisme, soutenue par le lobby juif aux USA, lui-même appuyé par des congrégations chrétiennes puissantes, pèse un poids important dans la politique étrangère américaine. Il existe bel et bien une mystérieuse alliance de juifs et de chrétiens (protestants) visant à maintenir un foyer national juif en Palestine et dont la capitale serait Jérusalem : simple stratégie géopolitique ou réel dessein mystique ? En tout cas, l’influence réelle de ces groupes néo-sionistes en Amérique est incontestable.

Le sionisme idéologique d’autrefois n’est plus, le sionisme d’aujourd’hui est une arme politique au service des intérêts d’un Etat ; c’est adopter une position pro-israélienne en toute circonstance : un nationalisme exacerbé, comme tous les autres.

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